Drone ski : ce qu’il faut savoir pour piloter par temps froid

Nous voilà tout juste revenus d’une semaine de ski à La Plagne. C’était seulement la 3ème fois que je skiais mais cette année j’ai vraiment progressé car j’avais une coach de folie (merci Claire ?) ! Si tu ne connais pas La Plagne, Claire t’en parle dans l’article La Plagne : une station de ski à découvrir. Et comme d’habitude, j’étais un vrai gosse pour piloter mon drone. Donc si tu te poses la question « comment faire voler mon drone à la montagne ? », cet article est fait pour toi. J’ai plein de choses à te raconter concernant cette première expérience de pilotage de drone ski.

Bon je t’arrête tout de suite !  Le pilotage par temps froid ne signifie pas seulement neigemontagne ou Alaska ! Car même en Bretagne ça nous arrive d’avoir des températures inférieures à 0°C (pour le coup elle tient bien sa réputation celle-là ? ).

Si vous aussi prévoyez d’aller faire un tour au ski cet hiver, ou carrément vous aventurer dans des pays glacials du monde comme l’Islande, le Canada ou le Grand Nord, voici 9 points à prendre en considération si vous voulez emmener votre drone ski.

Je t’invite également à télécharger ton mini guide pour éviter les erreurs que la plupart des débutants font avec un drone. Tu l’auras partout avec toi, c’est quand même pas mal ?

drone ski

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1. Le climat au ski est l’ennemi du pilotage drone

Les basses températures

Les batteries dans les drones sont appelées LiPo ce qui signifie Lithium Polymère. Elles détestent le froid ! Ça ralentit leur fonctionnement et diminue leurs capacités de vol. C’est d’ailleurs pour cela que les vols sont souvent beaucoup plus courts lorsqu’on pilote un drone au ski et par temps froid (températures inférieures à 10°C).

L’humidité

Le drone contient pleins de composants électroniques et si tu le fais voler dans des conditions climatiques très difficiles comme le froid ou l’humidité, tu risques de l’abîmer considérablement. Tu retrouveras beaucoup d’humidité dans les nuages ou le brouillard. Et pas la peine d’avoir fait des études supérieures pour comprendre que l’eau et l’électricité n’ont jamais fait bon ménage ?.

Le vent

Tu sais maintenant que le froid a un impact négatif sur le fonctionnement général du drone et des accessoires. Mais si le vent se lève alors qu’il fait déjà 0°C dehors, tu auras l’impression qu’il fait -10°C. En plus d’attraper un gros rhume et te geler le bout des doigts, tu risques vraiment de perdre ton drone.

C’est également super important de vérifier les températures de fonctionnement du drone ski prévues par le constructeur. Voici d’ailleurs quelques exemples :

2. Pilotage drone au ski par temps froid : pourquoi de la buée apparait sur la caméra ?

Lorsqu’on sort son matériel dans un environnement froid à l’extérieur (comme au ski) alors qu’il vient d’un endroit plus chaud ou d’intérieur, tu peux alors avoir de la buée sur la caméra. C’est en fait un choc thermique qui se produit. D’ailleurs j’ai appris dans un livre de photos, que certains photographes et vidéastes professionnels qui partent dans des pays froids n’hésitent pas à laisser leur matériel dehorstoute la nuit avant de partir le lendemain pour éviter le choc thermique. Bien évidemment on ne laissera pas les batteries dehors car elles détestent le froid !

Avant de décoller, jette un oeil sur la lentille de la caméra ? et si besoin avec un chiffon doux spécial objectif ou lunettes, tu pourras enlever l’humidité. Ça serait dommage de filmer de si beaux paysages pour finalement se rendre compte au montage vidéo que la prise de vue est inexploitable !

drone ski

3. Pilotage drone au ski par temps froid : l’état des batteries

C’est un des points les plus important. J’en ai déjà parlé mais j’insiste vraiment : les batteries détestent le froid. Et donc ton temps de vol va être considérablement réduit. Il est alors important d’optimiser au mieux sa sortie sur le terrain. Quand on parle des batteries, ce sont celles du drone mais aussi celles de la radio commande et du téléphone ou tablette.

Ça parait évident mais je préfère quand même en parler dans cet article, tes batteries doivent être en parfait état. Pas de fissures, pas craquées ou gonflées, rien. Sinon tu peux les mettre au recyclage et en acheter des nouvelles. C’est déjà super dangereux en temps normal de piloter un drone avec des batteries en mauvais état, mais alors au ski et par temps froid, n’y pense pas ou c’est le plantage assuré ?

Pour être certain qu’elles soient chargées à 100% lorsque tu arrives sur le terrain, je te conseille de les recharger seulement 24 heures maximum avant de sortir. Le plus tard possible est le mieux.

Et pendant le transport, la meilleure solution que j’ai trouvé (qui ne coute absolument rien) est de glisser les batteries du drone ski ainsi que la radiocommande dans des chaussettes. Tu pourras les conserver dans les poches intérieures de ton manteau pour profiter de ta chaleur corporelle. Bon comme je skiais, je trouvais ça un peu dangereux en cas de chute, donc j’ai préféré les conserver dans le sac de transport qu’on utilise quand on voyage avec le drone. Et puis comme Claire skie trop bien, je savais qu’elle ne tomberait pas !

Si lorsque tu sors les batteries, elles sont froides au toucher alors elles ne sont pas prêtes à l’utilisation

4. Réussir le calibrage compass et IMU pour assurer un bon pilotage drone au ski par temps froid

Lorsqu’il fait très froid, un drone DJI peut te demander de calibrer l’IMU ou le compass avant le décollage. Une alerte s’affichera sur ton écran de téléphone ou tablette dans l’application DJI GO. Ça ne m’est pas arrivé pendant cette semaine de ski mais j’ai déjà eu plusieurs retours sur le groupe Facebook de personnes qui ont eu cette alerte.

5. Le risque de gel des hélices, des moteurs, des capteurs et de la nacelle lors du pilotage drone par temps froid

Si tu décides de braver le climat et de piloter ton drone ski, le risque majeur auquel tu t’exposes est le gel des hélices, des moteurs, des capteurs et de la nacelle. En montant en altitude, l’humidité présente dans l’air ou les nuages va se fixer au drone et la température sera de plus en plus froide. Je te laisse imaginer la suite ?

Pour diminuer ce risque de gel et donc de chute du drone dans la neige, il est alors super important de bien essuyer toutes les parties du drone avant le décollage.

6. Pilotage drone au ski par temps froid : surveiller le comportement du drone en vol

Ça y est, c’est le grand moment de l’envol. Tu vas piloter ton drone ski. Mais pas si vite malheureux ! Il y a un dernier point à vérifier juste avant. Si tu n’as pas respecté à la lettre mes super conseils pour conserver tes batteries au chaud pendant le transport alors tu vas voir apparaitre sur ton écran une alerte dans l’application DJI GO : « La température de la batterie est inférieur à 15°C. Réchauffez la batterie jusqu’à une température supérieure à 25°C pour assurer un vol en toute sécurité » :

drone ski

Pour résoudre ce problème, fais décoller le drone et laisse le en vol stationnaire pendant 1 minute ou 2 le temps pour la batterie de se réchauffer. Tu peux checker la température de la batterie directement dans l’application en touchant les 3 petits points en haut à droite de ton écran, puis en tapant sur l’icône batterie (comme sur la photo ci-dessous) :

drone ski

Pendant le vol, essaye de toujours garder un oeil sur l’état de la batterie. Et dès qu’elle atteint 30%, je te conseille de ramener ton drone ski pour l’atterrissage.

7. La détection d’obstacles et le vision positioning lors du pilotage drone à la neige

Il est possible d’activer tous les capteurs et détecteurs d’obstacles. Cependant, j’ai bien failli encore une fois crasher notre petit Mavic Pro direct dans la neige ! Les capteurs inférieurs n’ont pas bien fonctionné lorsque j’effectuais un plan de suivi de terrain sur un flanc de montagne recouvert de neige. Résultat, au lieu de continuer son ascension tranquillement en suivi la pente, il a filé tout droit vers la neige ! Heureusement que les détecteurs d’obstacles étaient activés et qu’ils ont stoppé le drone. Sinon j’aurais pu écrire un nouvel écrire sur mon 2ème crash ?

D’ailleurs les détecteurs d’obstacles sont aussi très sensibles à la luminosité et aux reflets. Ça provoque parfois des arrêts brusques du drone ski qui se cabre de toutes ses forces, lorsqu’on passe trop prêt d’une surface qui réfléchit le soleil comme la neige.

8. Pilotage drone au ski : les étapes du vol

Les manoeuvres de décollage et atterrissage pour piloter un drone à la neige

Si tu es plus prévoyant que nous, tu auras un tapis de décollage / atterrissage qui t’évitera de le faire à la main (n’oublie pas de ne pas te mettre sur les pistes de ski car ça peut être très dangereux de survoler les gens ?). Mais si tu es comme nous, il va falloir t’habituer à le faire décoller et atterrir à la main. C’est assez simple mais ça demande quand même un peu de pratique. Il faut avant tout, désactiver les capteurs inférieurs car ils contrôlent le vision positioning et la protection à l’atterrissage ce qui empêchera le drone ski de descendre si tu mets ta main dessous pour le rattraper (photo ci-dessous)

drone ski

Et puis bien faire attention à tes doigts et ne surtout pas les laisser prêt des rotors et hélices. Cette manipulation demande déjà un bon niveau de compétences, de connaissance du drone et de technique. Si tu es débutant, je te le déconseille fortement ?

Garde un oeil sur l’altitude au moment de piloter un drone au ski ou à la montagne

Il est indispensable de surveiller son altitude de vol car le drone aura peut être un comportement différent comparé à d’habitude. Et surtout plus on monte en altitude, plus la température diminue. Donc ça joue sur les capacités des batteries.

Doucement sur les gaz !

Pas la peine d’y aller à fond les ballons, ou tu risques d’épuiser ta batterie en quelques minutes seulement. Piloter son drone ski et par temps froid demande de prendre son temps et d’y aller doucement. Essaye si tu peux de privilégier des manoeuvres lentes pour économiser tes batteries.

Piloter un drone au ski par temps froid : les effets sur le temps de vol

Naturellement le temps de vol sera diminué, j’en parlais plus haut. Mais ce qui m’a le plus frappé, ce ne sont pas tant les batteries du drone ou de la radiocommande mais bien celle de mon téléphone portable. Elle fondait comme neige au soleil (c’est le cas de le dire ?). À peine 15 minutes de vol et hop, j’étais déjà en batterie faible.

9. Les deux accessoires indispensables du pilotage drone au ski par temps froid

Filtre CPL Freewell DJI Mavic Pro

Ça a franchement été un indispensable cet achat et franchement je ne regrette pas du tout quand je vois les résultats. Pour faire simple, c’est un filtre polarisanten verre qui permet d’éviter les reflets sur la neige à cause de trop fortes luminosité. Il permet également de mieux contraster les couleurs et de faciliter le travail en post-production. On l’installe tout simplement (pas besoin d’outil), mais penses à le mettre en place avant d’allumer le drone ou tu risques d’abîmer la nacelle et donc la stabilisation de ton image.

Si tu as suivi le live que j’ai fait sur Instagram lorsqu’on était à La Plagne, j’en parlais. Sinon pour ne pas louper le prochain et voir le résultat en images, penses à t’abonner à notre compte Instagram.

Batterie externe (type powerbank) pour smartphone

Celui-là aussi est un indispensable. Il nous suit partout et heureusement. Quand on voit la qualité de nos téléphones niveau batterie…ça craint ! Si tu prévois d’aller piloter un drone par temps froid, je te le recommande vraiment.

Cette expérience à la montagne a été géniale, je ne regrette absolument pas et franchement j’ai toujours le même émerveillement quand je pilote le drone. Quand on voit le résultat avec de belles images, c’est incroyable.

En revanche, si tu es débutant, je te conseille vraiment d’attendre les beaux jours car ce sont quand même des conditions compliquées où il faut prendre beaucoup de paramètres en compte. Et surtout savoir réagir à des situations imprévues.


Et toi quelles sont tes interrogations ou retours d’expérience pour piloter un drone au ski ou par temps froid ?

Dis le moi en commentaire de l’article. Mais surtout penses à le partager à tes amis. À très vite, Arthur.

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Join the discussion 12 Comments

  • Jean Navarro dit :

    Merci pour cet excellent article qui résume les points principaux à appliquer par temps froid, pour ma part je reviens de 15 jours en Finlande, Suède, Norvège. En Suède j’ai fait volé le Mavic par -27° une dizaine de minutes sur un lac gelée – Akkajaure dans le nord de la Suède avec des messages d’erreurs relatifs à la température de la batterie, bien que je l’avais gardée au chaud ( relatif :-)) des interférences mais pas d’impact sur la navigation du drone, en fait c’est moi qui a dit stop, la peau des doigts brûlée sur la tablette car je n’avais pas de gants tactiles et je ne sentais plus mes doigts, donc si je devais rajouter quelques choses à votre article ce serait de se munir de gants tactiles pour se protéger du froid tout en manipulant l’application DJI GO. https://uploads.disquscdn.com/images/f1d781095c3f388dbf598d8bf419b48f3b528a60281dbd42dd56ec36db573eaa.jpg

    En Norvège je l’ai fais voler dans les Lofoten, j’ai failli le perdre car un vent violent s’est levé et le drone dérivait dans la mauvaise direction malgré les gaz à fond, en repassant en mode sport j’ai pu le faire revenir même si le retour a été mouvementé.

    Bonne continuation 🙂

  • TLoo dit :

    Super article, plein d’informations, j’hésite à acheter un tapis d’atterrissage… je devrai pouvoir poser le drone sur le sac à dos que j’utilise pour le transporter. Le filtre par contre est en commande… c’est apparemment un must et aujourd’hui je n’en ai pas. Est-ce que je dois commander un kit ou celui conseillé est un « one fit all » ?

    • Les droners dit :

      Hello !
      Perso nous n’utilisons pas de tapis et le faisons décoller/atterrir à la main. Ça demande un peu de pratique, mais ça se fait bien 😉
      Pour le filtre, celui qui est dans l’article et du coup celui que nous avons acheté est absolument parfait, de très bonne qualité. Il s’installe facilement juste en « snap on ». Et plus besoin de changer de filtre avec un autre, je n’utilise que celui-là tout le temps maintenant. Qu’entends-tu par « kit » et « one fit all » ?
      À très vite 😊

  • Fabiien Nedelec dit :

    Merci pour les conseils! 👍🏻 C’est très utile car je viens d’acheter le Mavic Pro pour tourner quelques scènes d’un clip en montagne (entre Megève et Genève) et en effet pour faire vite et (sans me ruiner avant les vacances ^^) j’ai acheter le simple pack avec juste 1 batterie et 2 hélices de rechange.. Le soucis en effet est que l’ont à du recharger la batterie du drone plusieurs fois dans les McDo les plus proches (en montagne il n’y en as pas partout) puis le super « return to home » à fait foncer le drone droit dans les sapins ( 2 hélice de cassés.. 🙁 ) Et pour les filtres c’est aussi très important, tout comme STEVEN sur youtube l’explique, cela permet aussi de facilité les réglages de la colorimétrie en post-production! Encore bravo pour votre blog qui est top! 😁
    (Au faite nous sommes Vannetais aussi, ce serais sympa de se rencontrer un de ces jours!) 😉

    • Les droners dit :

      Hello Fabien !
      Merci pour ton commentaire. C’est vrai qu’une 2ème voire 3ème batterie de rechange ne sont jamais de trop lorsqu’on part pour de longues périodes (rando ou pays froids).
      Ça serait un plaisir de te voir sur Vannes prochainement, peut-être pour un apéro des droners breton 😊
      À très vite !

  • Lionel Rigaux dit :

    superbes photos

  • Chuck Pull-Over dit :

    Coucou amis « droners »! Je viens de lire votre nouvel article sur le fait de piloter un drone par grand froid. Chouette article au demeurant ;). Quelques petites précisions néanmoins concernant les pays du grand Nord que vous citez plusieurs fois…En effet, je reviens d’une semaine en Laponie suédoise avec un petit Spark histoire de voyager léger. Je m’étais bien renseigné avant sur l’influence de la neige sur les detecteurs, du froid sur l’ensemble du drone etc mais j’avais un peu négligé un point extrêmement important dans cette région: les perturbations magnétiques! Je me suis retrouvé avec un drone qui partait dans tous les sens car les perturbations magnétiques désorientait le compas et les différents accéléromètres (en plus du fait qu’il ne captait aucun GPS). Cela couplé à la neige aie aie ^^. Je vous laisse lire l’article suivant très intéressant à ce propos. Bonne journée! https://www.aurora-maniacs.com/aurores-polaires/impact-tempetes-geomagnetiques-drones-gps.html

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